Oui, Nivelles a un centre culturel !

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Logo journal Le Soir Edition BW du 11/09/2010 - MICHAËL CHALKLIN

Saison 2010-2011 / Un personnel étoffé et une reconnaissance espérée

L’ESSENTIELIsabelle Lohisse - Photo Le Soir

  • Jean-Luc Delattre était un fou de théâtre et Matteo Segers fut très éphémère.
  • Isabelle Lohisse veut que le Centre culturel soit un acteur local.
  • Il veut désormais toucher tous les publics.
  • La nouvelle saison débute ce lundi avec un ciné-club inédit.

 

PORTRAIT

Isabelle Lohisse (photo Le Soir)
ISABELLE LOHISSE veut dépoussiérer l’image du Centre culturel de Nivelles, si tant est qu’il en ait une. La création du ciné-club qui débute ce lundi est une première initiative pour renouveler le public. © RENÉ BRENY.

Jean-Luc Delattre semblait faire partie des meubles, Matteo Segers passa comme une comète.
Voici Isabelle Lohisse. Elle prit un jour le temps de réfléchir au sens de la vie. Résultat : « La culture, c’est mon dada. » L’étudiante potassa le droit avec une spécialisation dans l’édition. Elle effectua sa dernière année à Paris, là où elle suivit aussi des cours au Théâtre Montorgueil.
Elle endossa durant 9 ans la toge de l’avocate et défendit plus souvent qu’à son tour des « causes militantes » comme Espace P (défense des droits des personnes qui se prostituent) ou les  transsexuels.

 

Isabelle Lohisse revendique ce « côté militant, social, bénévole. »
Dans le même temps, elle n’a pas cessé de s’adonner à la peinture. Elle est autodidacte mais sa mère, Renée-Laure De Moitelle, était professeur de dessin à Rixensart.
Un intérim de six mois à la direction de l’Arau (Atelier de recherche et d’action urbaines), à Bruxelles, la conforta dans ses choix : ce serait soit la culture soit le militantisme social. Elle travailla pendant  cinq ans comme secrétaire générale de la Fédération européenne des banques éthiques et  alternatives.
« Je suis née en Tunisie mais j’ai aussi vécu au Maroc et en Algérie, précise-t- elle. Mes parents étaient coopérants. Mon père avait été pris par le virus. Nous avons toujours beaucoup voyagé avec une grande ouverture. »
Elle chevauche son « dada » depuis octobre 2009. Son arrivée correspond à la vraie naissance du Centre culturel de Nivelles. Son personnel est employé par l’ASBL et non plus par la Ville. « Après 40 ans. » MI. CH.

Un jour, j’ai dû appeler une société de taxis de Nivelles pour lui demander si elle pouvait envoyer un chauffeur au Centre culturel. “Hein, où ?” “Au Waux-Hall ?” “Ah ! Oui.” »

Coordonnatrice et animatrice depuis le 22 octobre 2009, Isabelle Lohisse entend donner à l’institution la visibilité dont elle a besoin.
Féru de théâtre, Jean-Luc Delattre, auquel avait succédé l’éphémère Matteo Segers, a imprimé sa patte au lieu. « Mais on se limitait un peu au théâtre français avec quatre ou cinq spectacles par an tirés par de grands noms », commente Isabelle Lohisse. Qui dit « grand nom » dit gros cachet. « Mais on ne va pas bouleverser ce public-là. On doit toucher toutes les tranches d’âge. »

Avec sa salle de 681 places, le Waux-Hall a « une chance inouïe. » « On nous l’envie même à Bruxelles. Mais beaucoup de spectacles y sont inimaginables. Il y a bien des concerts classiques pour 180 personnes dans la crypte de la collégiale. Mais du rock, par exemple ? »

Échevine de la Culture depuis fin 2006, Evelyne Stinglhamber-Vanpée (CDH) a introduit un dossier de reconnaissance à la Communauté française. En cas d’acceptation, le Centre culturel disposera de plus de moyens. C’est déjà le cas en personnel avec cinq et demi équivalents temps plein. « On a acquis une autonomie. Il faut devenir responsable de nos actes et de nos deniers. »

Le Centre veut se diversifier et toucher tous les publics. Le nombre d’abonnés est de l’ordre de 550. « Leur âge moyen est de 50-60 ans plus que de 30-40 ans. »

Première de l’après-Delattre, la saison 2010-2011 (1) débute ce lundi à 20 heures avec un ciné-club inédit, proposé chaque deuxième lundi du mois. Le film sera « Séraphine » avec Yolande Moreau.
Le Centre culturel n’a donc pas attendu une éventuelle ouverture du Paradis à la rue de Soignies. « Il y a une forte demande des jeunes. On privilégie ce public là. On a aussi donné le programme de la nouvelle saison aux écoles pour voir ce qui intéresse les jeunes. De la 4e secondaire à la rhétorique, ils ont sollicité 1.225 places pour six spectacles ! Le retour a été génial. Ils viendront aussi en soirée. Ce sera une autre démarche, beaucoup plus volontaire. »

Le 3 mai, le Centre culturel a initié son « Lundi midi trente, rencontres culturelles », au restaurant social « Le petit chemin » du boulevard des Arbalétriers. Ce sera chaque premier lundi du mois. « Je
pensais que Nivelles était une petite ville où tout le monde se connaissait. En réalité, ce n’est pas aussi vrai que cela. Nous avons trouvé ce moyen, peu onéreux. »


Enfin un site Internet propre

Le Centre va aussi participer, pour la première fois les 9 et 10 octobre, à Art en chemin, avec l’association Tremplin. Il a contacté à cette occasion les dix écoles qui ont des classes maternelles et a proposé aux troisièmes de participer à un concours de kamishibai (théâtre d’images).
« Le fait d’avoir privilégié longtemps la diffusion a entraîné une floraison d’associations comme le Triangle. Le plus souvent, un tel parcours est créé par un centre culturel. À deux, nous serons
plus forts. »

Le Centre culturel entend aujourd’hui être un acteur local de premier plan. « L’objectif est de montrer que nous sommes polyvalents, que nous ne faisons pas seulement de la diffusion mais aussi de l’aide à la création, de l’éducation permanente ou de l’information : où trouver du matériel de sonorisation à louer, comment obtenir des subsides, quelles autorisations faut-il pour organiser un concert à la maison, etc. ? On a enfin un site Internet propre et un logo. »
Le site disposera d’un onglet « Services ». Il y aura aussi un agenda « online » utilisable par les  associations, lesquelles « se plaignent d’un déficit d’information énorme. »

MICHAËL CHALKLIN
(1) Détails sur www.centrecultureldenivelles.be.